Présentation

 
« Les premières préoccupations en matière d’environnement et les critiques de l’impact des forces économiques occidentales, sur les milieux tropicaux notamment, sont apparues en corollaire de l’histoire de la colonisation mentale et matérielle du monde par les Européens et, dans un certain sens, en contradiction avec elle. » Richard Grove, Écologie & Politique, n° 2, 1992.

« Un écologiste intelligent qui se frotte à l’anti-écologisme de Ferry n’a aucune chance d’en sortir plus lucide et plus intelligent. »
Marc Saint Upéry, Écologie & Politique, n° 2, 1992.

« L’écologie politique existe-elle ou passera-t-elle comme le café ? »
Bruno Latour, Écologie & Politique, n° 5, 1993.

« Ce à quoi nous sommes en train d’assister, c’est à la naissance d’un nouveau mouvement agro-écologiste conscient en Amérique latine et ailleurs, doté d’une base sociale paysanne fière de succès biologiques obtenus au cours des millénaires. »
Joan Martinez Alier, Écologie & Politique, n° 6, 1993.

« Le problème du conseiller du prince, qui nous ramène à la vieille utopie platonicienne du philosophe-roi, n’est que l’envers du vrai propos qui est d’être le conseiller du public et non pas le conseiller du prince. »
Paul Ricœur, Écologie & Politique, n° 7, 1993.

« Voilà pourquoi il m’apparaît que nous ne pourrons nous soustraire à la reconquête disciplinée (ce qu’on appelait l’ascèse) de la pratique sensuelle dans une société des mirages technogènes. »
Ivan Illich, Écologie & Politique, n° 11/12, 1994/95.

« N’y a-t-il pas moyen de dire les choses autrement ? La modernité, ses enjeux, ses contradictions, ses dangers sont “parlés” dans le langage des médias, des sciences sociales, des organismes internationaux, ou dans celui du langage ordinaire. Images fluides ou perfides, discours autorisés, injonctions normatives, platitudes ou “perles” du sens commun : difficile de s’y retrouver, d’y fonder une écoute, un regard. »
Marie-Dominique Perrot, Écologie & Politique, n° 13, 1995.

« La Bible est le manifeste du carnivore. »
Alexander Cockburn, Écologie & Politique, n° 18/19, 1996.

« Accepter l’historicité du travail et de son concept, en revanche, c’est accepter que le sens de l’histoire est en suspens dans ce que faisons ou omettons de faire et que rien ne garantit que nous ne sombrions dans la barbarie. »
André Gorz, Écologie & Politique, n° 24, 2002.

« Selon les données dont dispose le KGB sur certaines parcelles de la construction du deuxième bâtiment de la station nucléaire de Tchernobyl, on peut constater plusieurs erreurs techniques notamment des transgressions de technologie de travaux de construction et de montage, ce qui peut aboutir à des avaries et à des accidents. »
Youri Andropov [1979], Écologie & Politique, n° 27, 2003.

« Une idée absolument fausse et largement répandue est que le fonctionnement des modèles de climat consiste à recueillir sur ordinateur un inventaire des données du passé pour en tirer une extrapolation future. »
Hervé Le Treut, Écologie & Politique, n° 33, 2006.

« Les “guerres pour les ressources”, bien qu’elles se présentent pour une grande partie d’entre elles comme des conflits “locaux” situés aux “marges” de la planète, condensent des enjeux et des rapports de force qui mobilisent des acteurs, publics et privés, nationaux et transnationaux. Elles redessinent les territoires de la mondialisation. »
Claude Serfati et Philippe Le Billon, Écologie & Politique, n° 34, 2007.

L’évolution des sociétés humaines met aujourd’hui en jeu les dynamiques fondamentales de la biosphère et de la survie de la planète et de ses habitants. Aucun des rapports humains – oppositions sociales et de classes, domination de la femme, modes de production et de consommation, formes de domination politiques, représentations du monde – n’échappe désormais à ce dilemme fondamental de notre temps : l’immense progrès mis en route par la civilisation industrielle est aussi à l’origine de destructions irréparables pour notre Terre et pour la majorité de ses habitant(e)s.

La revue Écologie & Politique se veut un forum pour défendre et promouvoir les projets d’alternatives sociales et politiques fondées sur l’appartenance des humains à la nature et non sur leur opposition. Elle se propose de débattre librement des valeurs de l’écologie et du socialisme, du féminisme, du pacifisme, de l’antiracisme, de la citoyenneté intégrale pour toutes et tous ; valeurs qu’ont inventées et qu’inventent les mouvements sociaux et politiques qui jamais n’ont été aussi riches qu’à l’aube du XXIe siècle.

Au-delà de l’affirmation de cette démarche générale dans laquelle se reconnaissent les membres de son comité de rédaction, Écologie & Politique ne se propose pas de définir une ligne théorique et politique qui en ferait la revue d’un courant particulier, de telle ou telle fraction politique. Indépendante de toute organisation et de toute institution, Écologie & Politique entend être le lieu où peuvent débattre des hommes et des femmes libres de toute allégeance à un parti ou à un dogme, sans exclusive aucune.

Dans ce contexte, Écologie & Politique se propose de contribuer au renouveau de la pensée critique et de favoriser la recherche et les débats qui permettront d’approfondir l’analyse et l’intervention. Écologie & Politique attache la plus grande importance au questionnement de l’universalité du progrès et du savoir scientifique, à la réflexion historique et anthropologique, tout en défendant sans compromission les valeurs essentielles que sont la pluralité des visions du monde et des modes de vie, contre toute autorité, qu’elle soit étatique, partidaire, ecclésiale ou technocratique.

La structure de la revue, qui rassemble dans chaque numéro un dossier thématique, des articles libres, des documents historiques et des comptes rendus d’actualité, offre un panorama complet des grands enjeux environnementaux contemporains. La diversité et la complexité des courants et des positions qui animent l’écologie politique sont illustrés dans la revue à travers des articles académiques, des essais libres et des textes artistiques.

Publiée semestriellement en langue française, Écologie & Politique donne aussi une place essentielle aux traductions de travaux publiés dans d’autres langues, notamment européennes. Moins que jamais, nos problèmes ne peuvent se penser sans ouverture à l’Europe et au monde. Écologie & Politique entend ainsi se situer dans cette réflexion transnationale en veillant particulièrement à la rigueur de l’analyse comme à la clarté des articles publiés. La diversité des membres du comité de rédaction et des contributions publiées, ainsi que la volonté d’élargir les cercles de lectrices et de lecteurs au-delà des petits cénacles de spécialistes sont les meilleurs garants du respect scrupuleux de ces exigences.

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